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 La révolution énergétique en question

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Henri
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MessageSujet: La révolution énergétique en question   Mer 13 Déc - 14:26

J'espère que Mouchette me pardonnera d'avoir pompé ce sujet sur son site, mais le sujet me paraît suffisamment intérressant que pour être diffusé le plus largement possible.

Réchauffement climatique: plaidoyer pour une «Révolution énergétique»
par Léon Taniau

La Conférence des Nations Unies sur le Climat à Nairobi (Kenya) début novembre a vu les pays développés admettre le principe d’une réduction « bien supérieure à 50% » de leurs émissions de gaz à effet de serre, à condition que l’effort soit partagé. Par ailleurs, les pays pauvres géreront le fonds d’adaptation, qui financera des projets pour protéger les populations les plus vulnérables. L’inquiétude face au réchauffement de la planète croît, rendant de plus en plus manifeste le besoin d’une alternative globale. Entretien avec Jean-Pascal van Ypersele, climatologue UCL et représentant du Service public fédéral de politique scientifique au sein de la délégation belge à Nairobi Le contexte africain a-t-il pesé sur les travaux de la Conférence ?

[color=red]JP van Ypersele :
J’ai envie de répondre par une anecdote. Les pluies qui ont inondé des camps abritant 150.000 réfugiés, au Kenya et en Somalie, ont commencé pendant la conférence. Les journaux en parlaient abondamment. Curieusement, je n’ai pas remarqué qu’on y faisait la moindre allusion dans les discours officiels (du moins ceux que j’ai entendus). Pourtant, ces pluies, anormales en cette saison, ont causé de nombreuses situations difficiles, y compris à proximité immédiate de la conférence. Quelques jours avant le début des travaux, un incendie avait ravagé une partie de Mathare, un grand bidonville de Nairobi. Trois mille personnes privées de logement à la suite de cet accident ont ensuite été prises dans les inondations. De plus, la conférence elle-même a été perturbée à plusieurs reprises. Certaines réunions, prévues sous tente, ont dû être annulées. Par moments, les averses étaient si bruyantes qu’il fallait interrompre les débats. La connexion entre ces événements et le thème de la conférence a sans doute été faite par certains, mais pas par tous, et il est frappant qu’elle ne se soit pas exprimée.

Ceci dit, le contexte africain a pesé à un autre niveau. C’était la première fois qu’une conférence de ce genre se tenait en Afrique sub-saharienne. Beaucoup de gens sont conscients du fait que l’Afrique est particulièrement vulnérable aux changements climatiques. Le réchauffement ajoute une couche aux multiples défis auxquels cette région est déjà confrontée. Sans solutions aux problèmes de développement, il sera très difficile d’y faire face. Or, on constate que le dispositif international mis en place pour faire « bénéficier » les pays du Sud des efforts de Kyoto, le « Mécanisme de Développement Propre », jusqu’à présent, n’a quasiment pas d’effets en Afrique. Cela préoccupe les Africains, qui s’accrochent à ce MDP faute de mieux. Vu ce contexte, il était indispensable que la conférence fasse des progrès sur le dossier de l’adaptation, en particulier dans les pays pauvres, et prenne des dispositions en faveur d’une meilleure distribution géographique des projets MDP.

La conférence a pourtant donné l’impression d’une inquiétude croissante…

JP van Ypersele : Oui, il semble de plus en plus difficile de nier que les impacts du changement climatique sont là, et qu’ils montent en puissance. Cela renforce la crédibilité des analyses du GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat). Plus personne ne peut parler d’élucubrations. La vague de chaleur de 2003, par exemple, a fait environ 40.000 morts en Europe. La probabilité qu’un tel événement se soit produit sans réchauffement est si faible que le réchauffement est admis par tous comme un fait. La multiplication des inondations, de même, semble bien cohérente avec les projections du GIEC sur l’augmentation de l’intensité des précipitations. De plus, le cyclone Katrina a montré que les pays développés n’étaient pas à l’abri d’importants dégâts humains et matériels… Tout cela a pesé de façon perceptible sur les travaux de Nairobi. L’idée de quantifier la concentration atmosphérique en gaz à effet de serre à ne pas dépasser pour « éviter une perturbation anthropique dangereuse » du climat (selon la formule de la Convention cadre des Nations Unies) n’est plus un tabou. C’est nouveau.

Les scientifiques eux-mêmes ne sont-ils pas de plus en plus inquiets ? Plusieurs chercheurs estiment que les limites à ne pas dépasser sont encore plus contraignantes que le fameux seuil des 2°C de hausse des températures par rapport à la période pré-industrielle…

JP van Ypersele : En effet. James Hansen, par exemple, chief climatologist de la NASA (un des scientifiques qui a tiré le premier la sonnette d’alarme du réchauffement), estime que la température moyenne de surface ne devrait pas monter de plus d’un degré Celsius par rapport à la température actuelle. Cela revient à dire que la limite à ne pas dépasser serait en fait une hausse de 1,6°C, et pas de 2°C, par rapport à la période pré-industrielle. De très nombreux spécialistes jugent que la situation est grave et requiert une action beaucoup plus résolue que ce qui a été mis en place, ou est envisagé, par la communauté internationale.

Mais quelle action ? On dit aux gens de baisser le thermostat, d’isoler leurs maisons,...

JP van Ypersele : Chacun et chacune doit se sentir concerné et agir en conséquence. Mais il est clair que tout cela est totalement insuffisant. Baisser le thermostat d’un degré permet de réduire de 7% les émissions de CO2. Or il faut les réduire rapidement de 70%, puis de 80 à 90%. On peut serrer les boulons de toutes parts, recycler le verre, le papier, rouler à vélo, etc : ça ne suffira pas. On risque même, à la limite, en travaillant trop sur ce registre, de détourner l’attention de l’essentiel, qui est ce que j’appelle la Révolution Energétique. Celle-ci consiste en une transformation d’ensemble. Le citoyen ne peut pas la réaliser tout seul en cuisinant au gaz plutôt qu’à l’électricité, ou en isolant son grenier. La Révolution énergétique demande un débat sociétal, une action politique. Plutôt que de se précipiter, il faut prendre le temps de penser et élaborer un plan global, en débat avec la société. Ce devrait être la priorité N°1 du politique.

N’est-ce pas contradictoire avec l’urgence ? On dit par ailleurs que les dix prochaines années seront décisives…

JP van Ypersele : Il y a urgence, mais il y a malentendu sur ce délai de dix ans. De toute manière, l’inertie du système climatique est telle que les émissions du passé nous confrontent à un réchauffement inévitable, quoiqu’on fasse. C’est le futur qu’il s’agit de préparer. La décennie qui vient est décisive en ce sens que, au cours de cette période, devront être prises des décisions très radicales, qui permettront de sauver le climat dans les cinquante années ultérieures, et au-delà. Mais ces mesures doivent faire partie d’un plan. Il est plus important de consacrer les dix prochaines années à élaborer un bon plan que de prendre dans la précipitation des mesures spectaculaires mais inefficaces à long terme. S’il était possible de réduire les émissions de 80% en dix ans sans plonger la plus grande partie de la population mondiale dans des difficultés énormes, il n’y aurait pas à hésiter. Mais ce n’est pas possible.

En quoi consiste la Révolution énergétique que vous prônez ?

JP van Ypersele : Le principe est extrêmement simple. Notre système énergétique est basé sur la combustion des combustibles fossiles et sur l’énergie nucléaire, donc sur des ressources naturelles non renouvelables et dont le stock est fini, par définition. Il s’agit là d’une réalité physique, qui n’a rien à voir avec l’idéologie. Or, il existe une autre ressource énergétique qui n’est pas un stock mais un flux. Cette ressource est le soleil. Son flux est fantastique puisqu’il équivaut à 8000 fois la demande primaire mondiale d’énergie, selon l’OCDE. Le futur énergétique, je le vois difficilement basé sur autre chose que sur cette fusion nucléaire au niveau du soleil, qui fonctionne depuis 5 milliards d’années et fonctionnera encore 5 milliards d’années au moins. D’autant plus que la réaction s’opère dans un réacteur situé très loin de nous et qui recycle lui-même ses déchets… Si on le veut vraiment, il doit être possible de capter ne fût-ce qu’un millième de cette énergie, ce qui suffit à couvrir les besoins du monde entier, y compris des milliards de gens qui vivent dans l’extrême pauvreté énergétique.

Certains parleront de proposition simpliste…

JP van Ypersele : Pourquoi simpliste ? Quand les Etats-Unis ont décidé qu’ils iraient sur la Lune, ils s’en sont donnés les moyens et, dix ans plus tard, il y étaient. Avec les connaissances que nous avons, en se focalisant sur l’amélioration des techniques qui existent et sur leur mise en œuvre massive, ce qui créera de l’emploi, il est parfaitement possible de faire monter rapidement la part de l’énergie solaire. En sachant que toutes les énergies dites « renouvelables » - l’hydraulique, la biomasse, le vent, les courants marins – (à l’exception de la géothermie) sont en fait des formes de l’énergie solaire. Evidemment, l’énergie solaire se distingue des sources traditionnelles par son caractère diffus. Il y a là une difficulté, mais elle est parfaitement soluble. Prenons un exemple : les cellules photovoltaïques font des progrès énormes sur tous les plans : longévité, efficacité, coût. Je le répète, c’est une question de volonté politique.

Si le principe de la Révolution énergétique est simple, sa mise en oeuvre ne risque-t-elle pas d’être plus compliquée ?

JP van Ypersele : La mise en œuvre promet d’être compliquée, mais cela en vaut la peine. Il s’agit de revoir la manière de se déplacer, de se chauffer, de consommer, de produire, d’aménager le territoire. Je prendrai l’exemple du logement et de l’aménagement du territoire. Il faut des normes de construction telles que les nouveaux bâtiments soient des bâtiments sans chauffage, chauffés par le soleil, sauf au Pôle Nord et au Pôle Sud (et encore ! La base d’Alain Hubert en Antarctique a pour ambition d’être quasi-autonome en énergie). Il faut aussi arrêter de construire des zonings, des lotissements, des centres commerciaux qui accroissent des besoins de mobilité impossibles à satisfaire avec le transport public. On peut faire passer un bus tous les quarts d’heure dans un habitat concentré, pas dans un habitat dispersé. On pourrait multiplier les exemples. On comprend aisément que tous ces domaines sont imbriqués. Pour les aborder, une vision de long terme est indispensable. C’est pour cela qu’il faut prendre le temps de penser, et de débattre avec toute la société.

Ce travail de la pensée et du débat sociétal n’est-il pas entravé par un flux d’informations médiatiques spectaculaires et contradictoires, qui sèment la panique, quand ils ne favorisent pas le je-m’en-foutisme ? Les uns disent que toute la calotte glaciaire du Groenland fond, que le niveau des mers va monter de six mètres. Les autres prévoient au contraire l’arrêt du Gulf Stream et une nouvelle glaciation…

JP van Ypersele : Entièrement d’accord avec vous. Le film « Le jour d’après » est typique. Sa thèse d’un refroidissement abrupt entraînant une nouvelle glaciation en Europe est sans fondement. Le ralentissement du Gulf Stream provoque un refroidissement relatif, mais dans le cadre d’un réchauffement absolu. Même si le Gulf Stream devait s’arrêter complètement, ce qui pourrait être à l’ordre du jour éventuellement au 22ème siècle, ce serait par suite d’un réchauffement tellement important que le résultat final, fort probablement, resterait un réchauffement en Europe, pas un refroidissement. Je soupçonne que certains milieux aient intérêt à ce genre de confusion, qui brouille les esprits, et je déplore qu’elle se répande parfois jusque dans des milieux scientifiques.

http://www.journaldumardi.be/index.php?option=com_content&task=view&id=1383&Itemid=11
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Henri
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MessageSujet: Re: La révolution énergétique en question   Mer 13 Déc - 14:26

Moi je suis un peu réticent à embrayer sur le rabâchage des constats selon lesquels nous détruisons notre planète. Le fait est avéré et peu importe si des gens n'y croient pas. Il suffit de se poser la question pour trouver la réponse et à l'heure actuelle il est absolument indiscutable que ceux qui nient notre influence négative sur l'environnement sont, soit intéressés dans l'exploitation des techniques mises en cause, soit de mauvaise fois (notez que j'ai volontairement omis la troisième catégorie )

Pas très d'accord non plus pour concentrer l'habitat sous prétexte de réduire les déplacement. Les problèmes naissant de la concentration de la population sont suffisamment nombreux et visibles pour ne pas être ignorés.

En revanche je suis assez d'accord avec l'une des solutions proposée par ce monsieur ; l'avenir du solaire.

Si la production d'énergie propre par le soleil est difficile à mettre en oeuvre maintenant, ce n'est pas en raison de la mauvaise qualité des panneaux solaires, enfin pas seulement, c'est surtout en raison de la difficulté qu'il y a à stocker cette énergie. En effet, le soleil a deux défauts, le premier c'est qu'il ne fonctionne pas tout le temps, le second c'est que son rayonnement est le plus puissant là ou on consomme le moins d'énergie (dans la ceinture solaire aux alentours de l'équateur).

Mais les solutions se font jour et la production d'hydrogène dans des centrales solaires établies dans les zones subsahariennes (qui pourraient ainsi en profiter économiquement) pourrait alimenter les pays industrialisés, gros consommateurs, en énergie propre et susceptible d'alimenter, tant les véhicules, que les industries et les habitations.

Cette centralisation mondiale ne doit cependant pas fermer la porte à la production décentralisée au niveau domestique si nous ne voulons pas voir s'établir une nouvelle domination mondiale, non plus basée sur le contrôle du pétrole, mais sur celui de l'hydrogène.

Un ou deux liens intérressants sur le sujet :

http://resosol.org/SolPass/Hte_temperature/combustibles_psi.html
http://www.crdp.ac-caen.fr/energies/Soleil.htm
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